Source : Fresh Plaza
« Nous avons perdu quelques centimes sur chaque kilo de pommes que nous avons vendu cette saison » Xavier Laduron, de Fairebel
Avec le début de l'été, la saison des fruits à pépins tire à sa fin. Si pour les poires, la saison semble se dérouler sans trop de soucis, il semble qu'il reste encore beaucoup de pommes dans les cellules. Pour Xavier Laduron, lui-même producteur et responsable du comité sectoriel fruits de Fairebel, la saison a été particulièrement difficile. « Le commerce a subi une pression énorme et les prix ont été carrément désastreux. »
Sur l'exploitation de Xavier, les poires sont épuisées depuis longtemps. Seule une dernière cellule de Jonagold de la première récolte attend encore sa commercialisation. « Nous nous dirigeons tranquillement vers la fin de la saison. Avec le beau temps et l'arrivée des fruits d'été sur le marché, le commerce devient encore plus difficile. J'espère qu'une certaine demande se maintiendra. »
Stock
À l'approche de la fin de la saison, les stocks restent un sujet de discussion majeur. Selon divers rapports de marché, des volumes importants de pommes sont encore disponibles. « Je lis partout que les stocks sont encore importants, mais je me demande toujours d'où viennent ces chiffres et si tout est parfaitement correct. Après une telle saison, on reste de toute façon prudent à ce sujet. »
Laduron craint que toutes les pommes ne disparaissent pas avant la nouvelle récolte. « Nos Jonagold vont partir, j'y veillerai personnellement. Je ne veux pas commencer la nouvelle saison avec des lots de l'année dernière. Les consommateurs remarquent cette différence, avec cette variété mais je ne sais pas si c'est le cas pour toutes les autres. Si les stocks sont aussi importants qu'on le dit, je me demande si la totalité des pommes seront vendues d'ici la fin du mois d'août. »
Poire
Alors que le marché de la pomme est sous pression, le secteur de la poire a connu des résultats plus stables. « La récolte a été assez importante en Belgique et aux Pays-Bas, mais les prix sont restés corrects. Nous nous attendions à une plus grande pression mais ils ont bien résisté. »
En outre, Laduron voit encore des opportunités pour les poires restantes. « Les prix n'ont pas explosé comme d'autres années à la fin de la saison, mais cela pourrait encore arriver. L'imprévisibilité du marché joue un rôle important à cet égard. Avec tout ce qui se passe sur le plan géopolitique, la situation peut changer du jour au lendemain. »
Nouvelle récolte en baisse
Malgré les dommages locaux causés par la grêle à plusieurs collègues, Laduron est pour l'instant resté épargné. « J'ai eu très peu de dégâts. Quand on voit ce que certains de mes collègues ont subi ces dernières semaines, je n'ai pas à me plaindre. »
Le producteur ne s'attend pas à une année exceptionnelle. « Il est dangereux de faire des déclarations dès le mois de juin, mais je ne m'attends pas à une récolte trop importante. Je m'attends plutôt à un niveau similaire à celui d'il y a deux ou trois ans. » Selon lui, cela pourrait limiter la pression du marché. « Une récolte moins élevée permet généralement d'obtenir de meilleurs prix. 10 % de poires en moins sur l'arbre peuvent parfois signifier 20 % de prix en plus. Il s'agit bien sûr d'une étrange réalité, car dans un monde idéal, on produit beaucoup ET on obtient de bons prix ! »
D'autres pays européens sont également confrontés à des difficultés. « Nous entendons dire que les producteurs polonais ont été durement touchés par le gel et le froid hivernal. Il est regrettable de devoir parfois espérer que des problèmes surviennent ailleurs pour obtenir un meilleur marché, mais c'est ainsi que le secteur fonctionne. »
Jonagold résistante ?
Laduron porte un regard critique sur le débat concernant les nouvelles variétés de pommes. Tout en reconnaissant que la résistance devient de plus en plus importante, il ne voit aucune raison de remplacer purement et simplement les variétés traditionnelles. « Si de nouvelles variétés apparaissent, elles doivent absolument être résistantes. C'est une demande claire de la part des détaillants. Mais je pense que la vraie question est : avons-nous vraiment besoin d'une nouvelle variété ? »
« La Belgique et les Pays-Bas disposent déjà de variétés fortes qui sont bien établies auprès des consommateurs. Aux Pays-Bas, Elstar reste l'une des pommes les plus populaires et en Belgique, Jonagold est particulièrement appréciée. Pourquoi devrions-nous les remplacer ? » Il souligne l'importance des budgets de marketing nécessaires pour lancer avec succès de nouveaux cultivars. « Une pomme peut être très bonne, mais si personne ne la connaît, qui va payer 3 ou 4 €/kg pour l'acheter ? Les producteurs n'ont pas ces ressources marketing. »
Selon lui, il y a davantage de potentiel dans le développement des variétés existantes. « Pour moi, l'avenir réside plutôt dans une Jonagold résistante à la tavelure. J'en rêve. Nous avons déjà une excellente pomme. Si nous pouvons la rendre encore plus forte, cela me semble beaucoup plus logique que de repartir de zéro à chaque fois. »
Pour plus d'informations :
Xavier Laduron
Fairebel
Tél. : +32 80447726
laduron.xavier@faircoop.be
www.fairebel.be
Date de publication: mar. 9 juin 2026
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